Commune Creuzier le neuf




Historique

 

L’actuelle commune de Creuzier-le-Neuf est située au sud du département de l’Allier à quelques kilomètres seulement de la ville de Vichy. Sa superficie avoisine onze kilomètres carrés et le paysage qui la caractérise est largement vallonné. De nombreux cours d’eau la traversent ; à l’Est, le plus important est le Mourgon. D’autres de taille plus modeste y prennent leur source notamment au pied des coteaux calcaires qui ferment l’horizon à l’Ouest tout en offrant un panorama exceptionnel à la vue des promeneurs qui en parcourent leur crête. Les communes limitrophes de Creuzier-le-Neuf sont Saint-Germain-des-Fossés, Seuillet, Bost, Cusset et Creuzier-le-Vieux.

L’origine antique de Creuzier: Avec Creuzier-le-Vieux, Creuzier-le-Neuf partage des origines communes remontant à l’Antiquité. A l’époque gallo-romaine, de nombreux domaines appelés villae avaient été constitués aux abords des voies romaines. Ils portaient, en général, le nom latin de leur propriétaire suivi de la terminaison celte déclinée au génitif latin « acum », correspondant au suffixe français « ière » et signifiant comme lui « l’habitation de ». Les territoires respectifs des deux communes actuelles ne faisaient qu’un pour former celui d’une villa dont la dénomination était Crusiacum (« habitation de Crusius »). Dès les débuts de la christianisation, les villae ont été transformées en paroisses. L’église de Creuzier-le-Neuf conserve le souvenir, par son vocable rare, du passage de saint Front, évangélisateur du Ier siècle, qui aurait emprunté la voie romaine de Lyon à Bordeaux traversant la région pour prêcher aux populations. Traditionnellement les lieux de culte consacrés à ce saint sont associés à une fontaine dont l’eau aurait la réputation de posséder des vertus prophylactiques et curatives. Cette fontaine subsiste encore aujourd’hui à Creuzier-le-Neuf à quelques pas seulement de l’église.

La création de Creuzier-le-Neuf au Moyen Age: Alors que s’ouvre une ère de prospérité vers le XIe siècle, il semblerait que la trop vaste paroisse de Creuzier soit scindée en deux : la partie où se trouvait alors le lieux de culte, à la place de l’actuelle église Saint-Martin, a reçu le qualificatif de « vieux » par rapport à la nouvelle paroisse de Creuzier le « neuf ». Depuis la chute de l’Empire romain jusqu’au règne de Philippe-Auguste (1180-1223), Creuzier-le-Neuf dépend de l’Auvergne qui elle-même passe successivement sous la coupe des Wisigoths, des Francs, des Mérovingiens et du Duché d’Aquitaine. Philippe Auguste soustrait l’Auvergne à ce dernier et donne aux Sires de Bourbon, ses alliés, des terres confisquées au comte d’Auvergne. Creuzier-le-Neuf se trouve alors être une paroisse partagée entre les deux provinces pour devenir au trois quarts bourbonnaise et ce jusqu’à la Révolution. Plusieurs fiefs laïques et ecclésiastiques y sont implantés. Des maisons seigneuriales constituant le cœur de certains d’entre eux sont édifiées à Creuzier-le-Neuf même. Leurs vestiges plus ou moins conservés y sont toujours visibles : c’est principalement le cas de Mariol (situé aujourd’hui au Bourg) et de Celzat. Ces logis sont habités, aménagés et embellis par leur propriétaire pendant tout le bas Moyen Age (XIIIe-XVe siècle). Puis progressivement à l’époque suivante, ils sont délaissés et servent à abriter fermiers ou métayers sauf Celzat qui bénéficie encore d’un réagencement au XVIIe siècle toujours en place actuellement. Il s’agit d’une porte d’ordonnancement classique enjambant le chemin dit « de Celzat » et surmontée d’une élégante balustrade récemment disparue.

La Révolution et ses conséquences:
Essentiellement par souci d’économie, la loi du 24 novembre 1790 implique la suppression de certaines paroisses transformées en communes dès 1789. Ainsi, le 14 avril 1791, celle de Creuzier-le-Neuf disparaît pour être réunie à celle de Creuzier-le-Vieux. Le souci de libérer des fonds totalement immobilisés pousse le gouvernement révolutionnaire à vendre les biens nationaux à partir de 1796. Certains édifices religieux sont rachetés pour la continuité du culte ; d’autres le sont, par contre, dans le but d’un usage plus matériel. A Creuzier-le-Neuf, l’église est partiellement démontée et transformée en étable par son acheteur.

De nouveaux enjeux au XIXe siècle: Depuis la recréation, en 1829, de la commune de Creuzier-le-Neuf, par le démembrement de celle de Creuzier-le-Vieux pour la seconde fois de son histoire, et tout au long du XIXe siècle, la municipalité a plusieurs centres d’intérêt constants : l’éducation, l’amélioration des voies de communication et la pratique d’un culte chrétien digne. Pour cela le budget est tour à tour consacré à la construction d’une école publique, à la réparation et à l’élargissement des routes ainsi que des chemins et au réaménagement de l’église qui est consolidée dans sa partie existante puis agrandie d’un collatéral au Sud et d’un clocher-porche à l’Ouest suivant les plans de l’architecte Batillat (1816-1878).

XXe et XXIe siècle : les mutations de la période contemporaine. Les efforts consenties au XIXe siècle façonnent la physionomie de Creuzier-le-Neuf pour de longues décennies, cependant la mutation est amorcée durant la seconde moitié du siècle suivant. Le bâti s’est intensifié ; les zones pavillonnaires ont alors fait concurrence aux hameaux d’antan. L’influence de la ville toute proche s’est faite un peu plus sentir chaque jour. Au moment où ce siècle s’est éteint pour en laisser s’éclore un nouveau, Creuzier-le-Neuf, son territoire et ses habitants, à l’effectif en perpétuelle expansion, ont vu leur adhésion à une nouvelle unité administrative regroupant vingt-deux communes autour de Vichy pour former une communauté d’agglomération dont les dynamiques urbaines tendent désormais à prévaloir sur l’ensemble de ce nouveau territoire.

Bibliographie :
MORET, Jules-Jacques. Paroisses bourbonnaises depuis leur origine jusqu’à nos jours, Tome I, Les origines, le Moyen Age, la féodalité. Moulins : Imprimerie bourbonnaise, 1902.
GUINARD, Claude. Histoire d'une paroisse rurale du centre de la France jusqu'à la fin de l'Ancien régime. Moulins : Impr. réunies, 1961.

Chatard, Aurore. Copyright. Il était une fois Creuzier-le-Neuf en Bourbonnais, 2009.